dimanche 25 septembre 2011

Sur la route de Tokaji

Levés à 6h du matin pour le bus qui nous mène à Tokaji, célèbre vignoble dont on a des traces depuis le 16e.
Pas tout à fait en ligne droite nous allons au Nord-Est de Budapest aux frontières de la Slovaquie et de l'Ukraine. Nous visitons d'abord une église où fut faite et gardée la 1ère bible hongroise en 1300 et des poussières:


Mais c'est juste à côté que je préfère l'ambiance d'une petite église orthodoxe pleine de lumière et de couleurs:

Non loin dans le village une épicerie comme il y a 50ans

Nous repartons et des champs de potirons à perte de vue

 Après des lacets qui nous font décoller de nos sièges, nous arrivons dans un village dont on nous dit que la manufacture de porcelaine (vaste et grandiose) vient juste de fermer ses portes. Elle avait été rachetée par des Français. Y-a-t-il quelque cause à effet?

D'abord le joli cimetière

 Puis des porcelaines dessinées par un grand peintre hongrois, SZASZS Andre http://web.artprice.com/artistdetails.aspx?idarti=MjE2Nzk0MDY2MDg0MjYxLQ==  je n'aime pas le style mais qu'importe ici on l'aime:


Belles faïences...

 Puis on taille la route comme on enroule le copeau de bois des crayons. On arrive à Tokaji. Chacun sent déjà le fameux vin, fait de raisins pourris, couler dans son gosier. On croise même des citations de Voltaire et Anatole France. Je vous laisse faire les traducs, y'a pas de raison que je m'y colle:




Au passage une cheminée pour ma chère Jehanne qui lutte contre des saloperies dans son sang. Que cette belle réalisation lui brûle ces intrus minables!

Dans le musée du vin, un joli meuble au style très personnel 


Plus loin une cave parmi tant d'autres:

Et puis le centre ville de Tokaji, complètement déserté pour un samedi. La dernière fois que nous sommes passés il y a trente ans tout était également vide. Incroyable d'imaginer que ce haut lieu du pinard soit abandonné de la sorte. Bocuse dit que ce vin, qui se conserve indéfiniment, est le meilleur du monde. Pourtant ici, pas de vie, pas de voitures dans ce bourg si fameux. Incompréhensible!


Ici une cave que Julie et moi avons visitée il y a cinquante ans. Une larme nous échappe la paupière...


Petit village sympa... mais où sont les habitants? Pas déjà en Chine pour former de nouveaux vignerons quand même? Pourquoi donc avoir classé ces maigres vignobles patrimoine mondial si personne n'en profite? Ah! Si, AXA à acheté des vignes, on a vu leur nom il y a quelques années. Vive la banque donc!

Voilà, nous sommes repartis avec des bouteilles dans les bras mais sans les souvenirs qui sont restés sur place comme de vieux bouchons inutiles qui ne servent plus à rien. Pourvu qu'on ne suive pas leur chemin!

samedi 17 septembre 2011

Pologne- La Kachoubie de Chaton

Je l'avais rêvé mais je ne l'ai pas demandé. De lui-même Genek nous a organisé un circuit assez similaire à celui que faisait Chaton dans le temps. Il connaît chaque virage, chaque lac et se souvient d'une année où il partait avec ses potes en camping près d'un lac et Maman lui a dit: "je peux venir?". Evidemment elle est partie avec la bande sans oublier son Defaut. Les deux vieux dormaient je ne sais plus chez qui mais passaient leurs journées avec les jeunes.


Je n'avais jamais remarqué qu'à chaque virage il y a un lac. Incroyable nature ou tout est eau et d'un calme qui sent le champignon et le chaume. Première étape, le moulin ou Maman allait avec son grand-père moudre le grain. Entre 12 et 14 Km à pied avec le cheval et puis on restait là en attendant que la farine soit prête. En voyant le moulin niché au creux d'un vallon, le coeur se fend:



 Mias Genek me dit qu'il va me négocier une visite intérieure. Le nouveau proprio (ingénieur de la ville) n'est pas très chaud mais personne ne résiste à Genek. Donc j'entre!


 Rien ne semble avoir craiment changé et le proprio me confirme que tout est d'origine. Voilà le lieu-dit écrit en Polonais et en Kaszoub.

Comme tout est à vendre (sauf le moulin nouvellement racheté) Genek suggère qu'on l'achète et qu'on transforme le tout en resto-hôtel. A 62 ans cela me paraît une folle idée!

On continue notre route et soudain:
Maman en parlait toujours, ce nom résonne encore dans mon oreille...


Un peu plus loin  le hameau ou elle a été élevée par sa grand-mère. Quand j'y suis allé avec elle il n'y avait que 3 maisons, maintenant c'est un village. Quand nous sommes arrivés avec elle, PP et moi, elle a vu un homme de dos. Elle m'a dit, tu vois, lui là-bas, c'est Bronia (d'après Mira c'est pourtant un nom de fille) mon copain d'enfance. Elle l'a alors appelé, il s'est retourné et à environ 100m il nous a dévisagé pas plus de 30 secondes et a dit: "Irka, c'est toi!". Encore aujourd'hui je n'en suis pas revenu. Ils n'avaient pas dû se voir depuis 40 ou 50 ans.


Voilà ce qui reste de sa chaumière. Un bâtiment modernisé qui sert de garage. A l'époque quand je l'ai visité, il avait un toit de chaume, une pièce avec une cheminée à l'ancienne peinte à la chaux et une icône au fond. Plus rien de tout cela.

Une petite histoire durant la route, qui n'a rien à voir avec la Kachoubie mais qui est révélatrice des dons de Genek pour ceux qui douteraient encore. Stenia et Genek on un billet de train pour se rendre à Yalta. Bien qu'il soit sûr de l'heure du départ, il se trompe, arrive en retard à la gare et rate le train. Il negocie le train suivant et s'embarque sans vraiment de billet pour ce train. Il s'assied avec le contrôleur dans son compartiment pour le convaincre. Le contrôleur est vite ivre mort. Genek lui propose de faire le contrôle du train à sa place.

Une autre:
Genek a un cahier ou il colle et note tout de ses voyages. Le premier en France d'ailleurs sans billet! AU début de son cahier est noté: "Je suis dislexique, si vous trouvez mon cahier appelez-moi car sans lui je suis perdu". On lui a déjà rapporté 3 fois son cahier!

Et puis on a rencontré des gens et des gens. On est passés voir Stefka, ouille jugez la belle à moto transformée en paysanne:

Je dis cela car je fais abstraction de ce que nous sommes nous aussi devenus! Oh! la! la!

On s'arrête pour acheter de l'eau dans un hameau. Un homme dit: " il a plu hier il y a plein de champignons!". Mira rétorque: "Mais nous ne savons pas où il y en a?". Lui répond: " Allez là-bas à la ferme, demandez à ma soeur, elle vous dira ou les trouver, c'est dans le bois là-bas!".
D'un seul coup avec cette offre inimaginable chez nous, je revois Chaton et ses framboises. Il paraît que toute la Kachoubie est ainsi, accueillante pour les étrangers et prête à donner la lune. Maman est bien de là, Mimi, Christian et Martine aussi!

Bien, j'abrège par un petit tour à Gdansk reconstruite à merveille:










 Et quand même on s'arrête pour manger, hein? Pardon mon Vinvin! Je ne vous fais pas voir Genek, il a encore la tête dans le sac de la veille!!!





Voilà, c'est fini. Il y aurait encore mille choses à dire mais on ne peut tout dire. Varsovie mérite aussi une soirée, la vieille ville est fort belle.



 J'ai promis à Genek de tenter de vous convaincre de venir en pologne. On pourrait y alller tous ensemble, nous les 4 enfants de Chaton et nos conjoints. J'imagine cela à l'automne 2013. Vous ne serez pas décus; il faut y aller avant que les polkas et mazurkas ne soient les seules sons que l'on puisse un jour s'offrir.

Pologne - Chez Roman

On avait promis de le visiter et donc on a fait une halte chez Roman. Il habite toujours au-dessus de la poste, au dessus d'où habitait le papa de Maman. Le building est méconnaissable, jugez-le d'ailleurs avec en prime Roman à la fenêtre!

Comme on était en partance pour la Kachoubie (Kaszuby) on dit que l'on reste 10 minutes. Voilà-t-y pas que la femme de Roman, Irena, qui a toujours ses yeux de lynx, regarde Genek et lui jette: "On te voit une fois tous les 20 ans et si tu veux ne rester que 10mn, par tout de suite!".  Je lui dis qu'elle a les plus beaux yeux de la famille, elle adore. Elle se radoucit puis se met à pleurer en soulignant qu'elle vient d'être opérée de la cataracte. Bonjour l'ambiance!

Roman ne pipe mot et Genek repart dans un délire pour expliquer l'inexplicable. 



Il parait que la famille se réunit peu et que le lac était une réunion comme ils n'en avaient eu depuis des lustres. Etonnant, on aurait pu penser le contraire. 
Il y a aussi là la fille de Irena et Roman. Alors là c'est soit Mariola soit Danka? Je ne me souviens plus! Un oeil pour vous souvenir?

Notre verre de thé enfilé, on repart. En bas, dans la cour l'ancienne boulangerie de Djadek, fermée car les pains circulaient à l'air libre d'un bâtiment à l'autre et l'hygiène a interdit cela. Souvenez-vous, il y  une photo de grand-père dans sa boulange avec ses mitrons. Au cas ou vous ne vous souvenez plus la voilà (GP est à gauche):


Il existe aussi une autre photo de Maman avec son père et Tolek que je ne connaissais pas:


Quand même, avant de partir, une photo de la salle de cinéma ou Gertrude projetait des films:


 Et une maison, juste à côté de l'immeuble de Genek, encore comme dans le temps:


Dans le dernier blog je vous emmènerai en Kachoubie pour un long dimanche comme je les aime sur les traces du passé de maman.